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Le rapport Pilecki : Déporté volontaire à Auschwitz, 1940-1943

  • Auteur·e·s : Witold Pilecki
  • Type document : Livre
  • Catégorie : Témoignage
  • Thématique : Shoah
  • Éditeur : Champ Vallon
  • Année de publication : 2014
  • Nombre de pages : 324

Lecture Osiris

En septembre 1940 Witold Pilecki se fait volontairement arrêter lors d’une rafle par l’armée allemande. Officier de réserve polonais il a pour mission d’être interné dans le camp d’Auschwitz pour y constituer un réseau de résistance. Il y restera jusqu’à son évasion en septembre 1943. Durant la période concernée Auschwitz est alors presque exclusivement un camp pour prisonniers polonais.
Le lager d’Auschwitz est ouvert pour détenir des polonais, dont un premier convoi arrive en provenance de la prison de Tarnow le 14 juin 1940. Le camp répond ainsi à plusieurs objectifs : terroriser la population polonaise, détruire ses élites et, à partir de 1941, de fournir une main-d’œuvre esclave à certaines entreprises allemandes.
Assez rapidement, note Isabelle Davion, Pilecki réalise que la perspective d’un soulèvement général du camp est peu réaliste à court terme. Mais en attendant la réalisation de ce plan stratégique, des buts plus pragmatiques sont accessibles en adaptant la tactique au système concentrationnaire. Résister au système SS, qui a proclamé l’interdiction de quasiment toutes choses, recouvre dès lors pour tous les groupes clandestins un large spectre d’actes et d’émotions, où survivre aux conditions de vie revient déjà à défier les autorités. La lutte prend alors des formes multiples : aide aux individus les plus fragiles – aux jeunes détenus notamment -, lutte contre la démoralisation – qui est ici une question de survie –, recherche des mouchards, offices religieux, spectacles de théâtre… Avec le temps, informer devient le but principal du réseau, pour que le monde sache ce qui s’y passe. Pilecki ne renoncera jamais à son objectif : libérer le camp. Il resta le sien même après son évasion. Qu’il n’est pu le réaliser restera son infini regret.
Pilecki signe un rapport qui ne s’en tiendra pas seulement aux faits, mieux qu’un rapport son texte est un récit des conditions de vie dans le camp. Malgré les écarts qu’il peut contenir avec ce que nous savons aujourd’hui de l’histoire du camp, écarts dus tout à la fois à l’angle de vue particulier qui est celui de l’auteur, à une expérience qui ne couvre pas tous les aspects de l’histoire du camp et aux deux années qui séparent son évasion de la rédaction, sa lecture souligne Annette Wieviorka, est passionnante. Dans son avant-propos Pilecki écrit : Je suis supposé décrire seulement les faits bruts. Mes amis le souhaitent : « Plus tu t’en tiendras aux faits en les relatant sans commentaires, plus cela aura de la valeur ». Je pourrais essayer. Mais n’oublions pas : nous n’étions pas faits de bois et encore moins de pierre. Et n’a-t-il pas semblé que les pierres pouvaient se briser dans cet enfer.
A. Wieviorka conclut sa postface par une citation de Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger » et poursuit : Witold Pilecki est l’un d’eux, et son « rapport » à la valeur d’un écrit testamentaire, même s’il survécut à son enfermement. Arrêté et condamné pour espionnage par les communistes, il est exécuté clandestinement en 1948 à l’âge de 47 ans.

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