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Le partage du traumatisme

Lecture Osiris

L’auteur constate que la rencontre avec les personnes traumatisées génère des réactions fortes « sans pouvoir immédiatement ni contrôler, ni a fortiori rendre compte de ce qui se passe. » Ce constat a pour effet d’organiser les séances dites de « débriefing » pour aider ceux qui portent secours aux victimes de traumatismes.
Le psychanalyste Sandor Ferenczi a fourni des éléments cliniques et théoriques sur ces phénomènes. Les réactions sont analysées en tant que contre-transfert, mais, selon Georges Devereux, ce terme concerne des situations plus variées encore.
L’empathie est la plus connue des réactions mais elle ne résume pas la question des contre-transferts notamment en ce qui concerne la relation aux bébés, en effet, les contre-transferts concernent tous ceux qui ont à s’occuper des personnes traumatisées, ils rendent compte du fait qu’existent des phénomènes de transmission du trauma, de plus, ils aident à la compréhension. L’exploration des contre-transferts analyse les diverses positions et dispositions psychiques qui relient le thérapeute et le sujet traumatisé : « le thérapeute est plongé dans un monde traumatique et, comme le patient, il va être poussé à construire un statut cognitif à ce qui est arrivé. » p.63
Aider le patient à se situer dans une position « méta-traumatique » conduit à un clivage, en effet, si le patient peut se placer en extériorité à ce qui lui est arrivé, cela le coupe de son expérience de traumatisé. Il y a à la fois du communicable et de l’incommunicable par la parole, la symbolisation ne peut à totalement traduire le vécu. Sont nécessaires l’utilisation de métaphores, de médiations diverses (ce qui est évident pour l’enfant mais plus complexe pour l’adulte) et la construction de scénarii.
Christian Lachal, aborde la notion de narration : lorsque le traumatisé évoque les événements rencontrés, subis, il fait advenir un « savoir » sur une expérience unique, irreprésentable, mortifère, morcelante. Ce savoir se transmet aux bébés de mères traumatisées et aux thérapeutes (p.75), plus loin dans le texte il est question de la répétition. La répétition à l’identique est l’élément important de l’état de stress post-traumatique, mais il vit cela dans la solitude, les signes de la maladie ne deviennent des éléments sémiotiques que lorsqu’ils vont être « reçus » par un interlocuteur « la personne devient alors le locuteur des signes qu’elle exprime », l’énonciation produit un sujet à qui se révèle ce qu’il énonce.
Le dernier chapitre est consacré à l’étude du contre-transfert lorsque le traumatisme touche les bébés et leurs mères. La rencontre peut avoir lieu avec l’enfant seulement (cas des violences dévastatrices qui laissent les enfants orphelins), avec la mère et son bébé, avec la mère seulement. Les approches cliniques montrent qu’il est plus facile de s’approcher de la mère et de la dyade mère-bébé que du bébé lui-même.
Une question a été posée aux psychanalystes lors de la dernière guerre mondiale : il s’agissait de se prononcer sur le maintien des enfants auprès de leur mère au risque de mourir sous les bombes ou de les évacuer, seuls. L’idée forte était que les mères constituent un bouclier de protection contre le traumatisme mais cette idée était insuffisante car se posait alors une autre question, celle de la transmission du traumatisme par la mère. Celle-ci ne peut pas toujours aider le bébé et n’est pas le pare-excitation idéal. Avec quelques exemples cliniques Lachal analyse la relation à l’enfant.

Les ouvrages et documents peuvent être consultables sur place, notamment lors des formations. Pour toute demande d’informations sur cette référence, merci de nous contacter à ressources@centreosiris.org.