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Dans le nu de la vie – Récit des Marais rwandais

Lecture Osiris

Témoignage de 14 rescapés Tutsi survivants du génocide. Tous sont contextualisés et on apprend à connaître la vie de Claudine, Berthe, Innocent, Sylvie, Jean-Baptiste, Francine… avant, pendant et après le génocide. Ils étaient cultivateurs, enseignants, bergers, fonctionnaires, commerçantes, couturières. Ils ont été pourchassés durant plus d’un mois.
Dès le début, ceux qui s’étaient réfugiés dans les églises ont été massacrés, la seule solution était de s’enfouir, durant le jour, dans la boue des marais qui se trouvent au bas des collines de ce superbe paysage. Ils racontent la survie, la peur, le découragement et l’entraide. Ils parlent du « travail » des Hutus : « certains jours, les Hutus travaillaient essentiellement de l’autre côté du marais, le lendemain, ils travaillaient très dur de notre côté donc on n’osait même plus respirer. Les criminels n’entreraient pas les victimes, ils préféraient terminer le boulot de tuer, sans rajouter de fatigue à nettoyer les traces. »
Ils comprennent les origines du génocide et comment les politiques l’ont encouragé. « Le génocide n’est pas affaire de misère ou de manque d’instruction… l’instruction ne rend pas l’homme meilleur mais plus efficace. Celui qui veut insuffler le mal, il sera plus avantagé s’il connaît les manies de l’homme, la morale, la sociologie… l’homme instruit, si son coeur est mal conçu s’il déborde de haine, il sera plus malfaisant… en 1959, les Hutus ont tué, chassé, pillé sans relâche, mais ils n’avaient pas imaginé un seul jour de les exterminer. Ce sont les intellectuels qui les ont émancipés en leur inculquant l’idée de génocide et en les débarrassant de leurs hésitations. »
Le livre est illustré par quelques photos. Jean Hatzfeld dans l’introduction du livre nous explique ce qu’est un génocide : « un génocide n’est pas une guerre particulièrement meurtrière. C’est un projet d’extermination. Au lendemain d’une guerre, les survivants civils éprouvent un fort besoin de témoigner. Au lendemain d’un génocide, au contraire, les survivants aspirent étrangement au silence… un génocide est une entreprise inhumaine imaginée par des humains, trop folle et trop méthodique pour être comprise » alors, ils ne l’évoquent qu’entre eux, incapables d’en parler. Pour eux, « la vie s’est cassée… elle s’est arrêtée ».
Jean Hatzfeld a donc vécu avec eux, a partagé bière et vin de banane durant de longs mois, pour les convaincre de raconter

Les ouvrages et documents peuvent être consultables sur place, notamment lors des formations. Pour toute demande d’informations sur cette référence, merci de nous contacter à ressources@centreosiris.org.