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Cunéiforme

  • Auteur·e·s : Kader Abdolah
  • Type document : Livre
  • Catégorie : Roman, récit
  • Thématique : Exil - Migration
  • Éditeur : Éditions Gallimard
  • Année de publication : 2003
  • Nombre de pages : 354

Lecture Osiris

Aga Akbar, enfant sourd-muet et fils illégitime du sultan, est placé à la mort de sa mère sous la protection de son oncle. Ce dernier tente de le sortir de son isolement en le faisant recopier une inscription en écriture cunéiforme vieille de trois mille ans. L’enfant apprend peu à peu cet alphabet et rédige un journal intime. Plusieurs années plus tard, son fils Ismaël, réfugié politique au Pays-Bas, tente de le déchiffrer…

Cet ouvrage est une œuvre romanesque marquée par l’univers des contes et des mythes persans. Au fur et à mesure de l’avancée dans l’histoire d’Aga Akbar et de son fils, l’auteur inscrit son récit dans les événements politiques qui ont marqué l’histoire contemporaine de l’Iran. Au-delà de cet ancrage dans l’histoire iranienne, il livre un beau et émouvant portrait de la relation d’un fils et de son père.

L’auteur aborde également la question de l’exil, de la découverte d’une société nouvelle et inconnue dans son roman à partir de l’expérience du personnage d’Ismaël.
Nous pouvons facilement imaginer que l’auteur s’est basé sur son expérience vécue. En effet, Kader Abdolah, né en Iran en 1954, journaliste dans un journal d’opposition, a dû fuir son pays natal pour les Pays-Bas où il a obtenu le statut de réfugié politique en 1988.

« Après la révolution, je voulais profiter de ma liberté pour voyager avec mon père. Pouvoir monter ensemble dans un train pour nous rendre à l’extrême sud du pays où se trouvent les champs de pétrole, où le gaz flambe haut dans le ciel et où la terre a la couleur brun foncé que lui donne le pétrole. Tu vois ? Tu sens ? Sous nos pieds, sous ce sol se trouve beaucoup, vraiment beaucoup de pétrole.
Ensuite je voulais lui montrer les grands conteneurs qui transportent le pétrole vers l’étranger. Mais je n’en ai pas eu l’occasion. Il regardait toujours avec admiration les flammes bleues de notre réchaud, mais il n’aura jamais su d’où venait le gaz.
(…) Ensuite je voulais dormir avec lui quelque part sur le toit de ces cafés dans le désert, où l’on peut tirer au-dessus de soi comme une couverture bleu foncé le ciel et ses milliards d’étoiles et sa lune inoubliable.
Cela non plus n’a pas pu arriver » p. 268.

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