Kim Stanley Robinson, 60 Jours et après , 2008, p. 321
« Charlie se réveilla en sursaut, en étouffant un cri.
- Ça va ? demanda Frank
Charlie frémit, s’efforça de dissiper l’image. Il se cramponna de toutes ses forces aux accoudoirs du fauteuil.
- Un mauvais rêve, dit-il pour s’en sortir.
Il se redressa sur son siège et inspira profondément, à plusieurs reprises.
- J’ai juste fait un petit cauchemar. Ça va.
- Pourtant l’image s’attardait, comme un goût de poison. Un symbole très évident, bien sûr, grossier, comme parfois dans les rêves – le reflet d’une peur qu’il avait en lui, exprimée visuellement -, mais avec quelle violence, quelle horreur ! Il se sentait trahi par son propre esprit. Il n’arrivait pas à croire qu’il était capable d’imaginer une chose pareille. D’où venaient de telles monstruosités ? »