Keith Roberts, Pavane, 1971, p. 346.
Frère Jean, le visage tordu comme lorsqu’on s’attend à avoir mal, risqua une question : « Ne donne-t-on pas aux accusés l’opportunité d’avouer ? S’ils avouaient avant la Question … »
- « Il ne peut y avoir d’aveu » l’interrompit l’autre, « sans contrainte. Et rien ne peut s’opposer à l’évidence spectrale, qui, par définition, invalide l’innocence des accusés. » Ses yeux allèrent se fixer sur une poulie d’où pendait une corde. « La confession, » reprit-il, « doit être sincère. Elle doit venir du cœur. De faux aveux, faits dans le but d’éviter la douleur de la Question, sont aussi inutiles à l’Eglise qu’ils le sont à Dieu. Notre but est de sauver les âmes de ces pauvres malheureux qui sont à notre charge, et ce, si nécessaire, en brisant leur corps. Comparé à cela, tout le reste n’est que paille emportée par le vent. »