James Graham Ballard, La vie et rien d’autre, 2009, p. 150.
La perspective de devenir psychiatre m’enchantait, d’autant que je tenais déjà mon premier patient : moi. Je savais très bien que mes souvenirs de Shanghai occupé et les horreurs de la guerre européenne révélées lors du procès de Nuremberg entraient pour beaucoup dans mon envie d’étudier la médecine. Les cadavres des Chinois que j’avais contemplés enfant gisaient toujours dans leurs fossés, au fond de mon esprit, mystère hideux auquel je devais trouver une explication.