David Markson, La Maîtresse de Wittgenstein, 1991, p. 156.
Ou c’est peut-être le passé qui est plus petit qu’on ne le croyait.
J’espère bien que cette dernière phrase veut dire quelque chose, car pendant un instant, elle a bien failli m’impressionner.
A ce propos, il y a de toute manière beaucoup de tristesse dans L’Iliade. Oui, toute cette mort. Tous ces gens plongés dedans jusqu’au cou, et si désespérés.
Et puis, tout ça est si ancien, et disparu à jamais.
Sur la route d’une de ses conquêtes, Alexandre le Grand en personne s’est un jour arrêté à Troie, pour déposer des fleurs sur la tombe d’Achille.
Bien sûr, cette vielle guerre avait l’air plus proche qu’elle ne le semble aujourd’hui.
Pourtant à l’époque d’Alexandre, ça faisait presque mille ans.
J’ai bien de mal à concevoir ça quand j’y songe.
Jules César a fleuri la tombe d’Achille, lui aussi. Mais c’était trois cents ans seulement après Alexandre.
Quand je dis seulement, je pense que je veux dire que c’était aussi proche que de Shakespeare à maintenant, mettons.