Charlie Chaplin visitant Sing-Sing in Mes voyages, Kra Editeurs, Paris 1928. pp. 228-229.
La salle des exécutions. C’est d’une hideur indicible. Une simple pièce nue, assez spacieuse, à la porte blanche, et non pas verte, comme on me l’avait dit. La chaise : un fauteuil ordinaire en bois et fil unique qui pend au-dessus. Voilà donc l’instrument à souffler sur la vie. C’est trop simple. Ça n’est même pas dramatique. Tout juste froid et rationnel.
Quelqu’un me raconte comment on observe le condamné après qu’il a été ligoté sur la chaise. Bon Dieu, est-il possible d’organiser cela avec tant de méthode ? Et ils en ont tué jusqu’à sept en un jour ! Il faut que je sorte.
Deux hommes se promènent de long en large dans une courette nue. L’un d’eux est un petit homme qui marche d’un pas vif, la pipe à la bouche. A côté de lui, c’est un surveillant. Le gardien annonce brièvement : “ Le suivant pour le fauteuil”.
C’est terrible. Regardant droit devant soi, il venait dans notre direction et je vis sa figure. Tragique à vous glacer le sang ! Elle me hantera longtemps.