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Rapport d’activités

Rapport moral

En 2019 et 2020 nous avons accueilli de nouveaux adhérents : Marie Boisgibault, Souha Mansour-Shehadeh, Huguette Bonomi (qui était à la création d’Osiris), Charlotte Marini, Alice Archenoul : bienvenue à toutes, espérons que nous trouverons, dans un temps pas trop lointain, des modalités de rencontre.

En 2020, nous étions dans la quatrième et dernière année de la Convention Pluriannuelle d’Objectif passée avec l’Agence Régionale de Santé PACA. Compte tenu des contraintes sanitaires, elle a exceptionnellement été prolongée pour l’année 2021.

Les effets de la pandémie sur le fonctionnement d’Osiris

La pandémie et les restrictions qu’elles ont engendrées en 2020, nous ont contraints à modifier nos modalités d’activité. Dès février, des mesures barrières avaient été mises en place par notre médecin psychiatre pour la protection des patients et des salariés. Au mois de mars 2020, lors de l’annonce du premier confinement, après un petit temps d’adaptation, tout a été planifié pour maintenir l’activité à distance dans un cadre institutionnel renforcé. L’équipe s’est très fortement mobilisée afin d’assurer ses missions et éviter les ruptures de soins et de suivi. Lors du deuxième confinement, nous avons dû moduler les temps de présence et le travail à domicile afin de respecter le protocole sanitaire, nos locaux sont trop restreints pour accueillir à la fois l’équipe, les patients et les interprètes. Cette organisation reste encore en vigueur actuellement.

A la sortie du premier confinement, le CA s’est mis à la disposition de l’équipe et des rencontres individuelles ont été organisées avec les personnes volontaires. Lors du deuxième confinement, il a retissé des liens à travers des mails, les réunions physiques étant impossibles.

L’équipe

En 2020, l’équipe était composée d’une psychologue sociale (coordinatrice/accueillante), un directeur/psychothérapeute, deux psychologues cliniciens/cliniciennes, une psychiatre, une coordinatrice sociale, une chargée de projet pour le pôle régional de compétence soutien aux professionnels, une responsable d’Osiris Interprétariat, deux chargées de gestion administrative et une ostéopathe. Avec le développement d’Osiris Interprétariat de nouveaux interprètes sont venus renforcer le groupe.
En 2020, L’équipe s’est renouvelée mais le confinement a différé de quelques mois le remplacement de Mélanie Maurin qui était partie en 2019 avec l’arrivée de Marie Jacob en septembre. En septembre également François Corbier est venu remplacer le départ de Gaëlle Bouquin-Sagot partie durant l ’été, Monique d’Amore est venue remplacer Lucille Bleuet, partie vers une pluvieuse Bretagne et enfin, Marie-Liesse MOULY a rejoint Osiris Interprétariat en octobre pour soulager Charlotte sur le plan administratif. Bienvenue à toutes et tous.

Le centre de soin : premier axe d’Osiris et de la CPO

Le nombre de patients (202) est resté stable, mais en raison de l’impossibilité d’accueillir physiquement les nouveaux demandeurs pendant une partie de l’année, seuls 48 ont été reçus. Les groupes thérapeutiques, constitués principalement des plus jeunes ont dû être interrompus, seul un groupe s’est maintenu quelques mois par téléphone et visioconférence.
Le nombre de consultations (1572) est stable ; les patients sont de 36 nationalités.
Dès le début du confinement, l’équipe des thérapeutes et le médecin psychiatre ont organisé les consultations par téléphone ou en visio : le thérapeute, l’interprète et le patient étant dans des lieux distincts. Pour s’assurer que les patients allaient le moins mal possible, les thérapeutes ont augmenté le nombre de consultations avec chacun et se sont mis à leur disposition. Lors du deuxième confinement, les patients ont presque tous manifesté le désir de reprendre les thérapies en présence et les visio ont très fortement diminué.
Après un temps en suspens, les consultations d’ostéopathie ont repris deux demi-journées par mois toujours dans le respect des règles sanitaires.
Durant le confinement, le travail de la coordination sociojuridique a fortement évolué : mise à l’abri, recherche de solutions d’hébergement, recherche et distribution de colis alimentaires, aides « directes » ... Les personnes suivies par le centre, majoritairement à la rue, ont transmis les coordonnées d’Osiris à d’autres qui se trouvaient en grande souffrance, sans accompagnement social ni interlocuteur. De ce fait, la coordinatrice sociale a été fortement mobilisée, elle a démontré sa créativité en renforçant son travail en réseau, en participant à des coordinations associatives et a fait preuve d’une imagination renouvelée dans la recherche de solutions. Elle a été soutenue par une collègue, qui lors du premier confinement avait vu son activité se réduire. En 2020, 126 patients sont suivis.
L’innovation a trouvé sa place également dans le domaine du partenariat, la coordination entre les associations étant plus que jamais nécessaire afin de ne pas laisser les exilés s’isoler davantage. Le partage d’informations a été primordial durant la durée des restrictions de déplacement.
En février, la permanence téléphonique régionale santé mentale « Exil et traumatisme » a été créée au sein d’Osiris, elle vient renforcer le soutien aux partenaires.

Le Soutien aux Professionnels de la région PACA pour l’amélioration des soins aux personnes exilées : deuxième axe d’Osiris et de la CPO

Lors du premier confinement, plus aucun déplacement n’était possible. Un travail par messagerie et des réunions par visioconférence ont été mises en place, mais les interlocuteurs étant débordés par les demandes autour de la gestion de la pandémie, cette action a été en partie mise en sommeil. Ce temps suspendu a été mis à profit pour finaliser les écrits et les restituer en direction des départements. Par la suite, malgré des restrictions de déplacement et l’impossibilité d’organiser des réunions de plus de six personnes, le travail a pu reprendre essentiellement en visio. Les effets bénéfiques de ce travail se font sentir : sur 4 ans, 110 structures ont été rencontrées, 12 journées de formation pour 92 participants organisées et 7 réunions de réseau ont rassemblé 84 personnes.

Osiris Interprétariat spécialisé dans le soin : troisième domaine de compétence d’Osiris et troisième axe de la CPO

Osiris Interprétariat a vécu deux temps distincts en 2020 : entre mars et mai, organisation par téléphone et en visio avec les structures et mise à disposition gratuite d’heures d’interprétariat afin de faciliter le travail des partenaires. Puis, reprise physique des rendez-vous avec, comme pour le reste de l’activité, les gestes barrière indispensables.
La garantie d’un interprétariat de qualité est au cœur de cette action : formation, tutorat, supervision viennent en soutien aux nouveaux interprètes.
Depuis deux années, en raison des services proposés : un service d’interprétariat spécialisé dans le domaine de la santé, une formation théorique et pratique, de la supervision pour les interprètes, une sensibilisation au recours à l’interprétariat pour les professionnels de santé et enfin un centre de ressources, le service est maintenant totalement reconnu : 29 conventions sont signées et 25 interprètes formés interviennent dans 34 langues.

Conclusions

Cet épisode de pandémie a remis en évidence le grand nombre d’exilés en souffrance : sans suivi social, sans soin, sans solution pour dormir et se nourrir, sans accès à un CADA bien qu’ils y soient éligibles. De surcroit, la dématérialisation des procédures (prises de RV…) est venue accentuer un accès déjà difficile aux institutions en charge de l’asile. Bien que l’Observatoire Asile, chiffres à l’appui, ait pointé le défaut d’hébergement dans les Bouches-du-Rhône depuis bientôt trois années, cette réalité n’est toujours pas prise en compte à sa juste mesure.

Avant de passer aux perspectives pour l’année 2021, je voudrais à nouveau souligner l’implication de chaque membre de l’équipe : tout a été fait pour maintenir l’activité et bien au-delà, tous se sont appliqués et impliqués dans ce travail bien particulier à distance et depuis leur domicile, mais chacun (thérapeute, interprète, patient) étant dans son espace personnel, les frontières habituelles entre l’intime et le travail se sont trouvées abolies. Les salariés ont travaillé tout en gardant leurs enfants, en s’inquiétant pour leurs proches, sans compter leurs heures de travail, en s’inquiétant également des personnes à la rue et en manque de soins.

Si la disposition dans deux locaux s’était montrée nécessaire en raison du manque de place dans le centre de soin, la séparation sur deux lieux ne s’avère pas pertinente. Les deux étant, de surcroit, beaucoup trop exigus. La pandémie peut nous amener à modifier durablement nos comportements et nos besoins.

Après avoir pris le temps du recul, le CA estime qu’il n’a pas suffisamment évalué l’influence de la pandémie sur les conditions physiques et mentales de travail. Par ailleurs, Osiris a très rapidement élargit ses missions ces dernières années, le fonctionnement simplifié adapté à une petite équipe montre aujourd’hui ses limites. Le CA et la direction, avec les salariés, a commencé une réflexion visant à créer une structure plus lisible de l’organisation et de meilleures conditions travail pour les salariés. Il s’agit d’assurer la mission de soins aux patients sans négliger la santé des salariés.

Perspectives pour 2021

Cette période, qui perdure encore aujourd’hui nous aura au moins fait prendre conscience de ces failles, c’est pourquoi,
- un accord d’entreprise,
- un nouveau planning de réunions,
- des embauches,
- un projet de déménagement,
- une réécriture du projet thérapeutique et de celui de l’association, prenant en compte tous les aspects du travail actuel,
-  un séminaire pour continuer d’y réfléchir avec nos adhérents,
C’est ce qui est en route aujourd’hui avec une équipe toujours motivée et dynamique.

Christine THIRIET, Présidente